MENU

  • Accueil
  • Acteurs
  • Actrices
  • Compositeurs
  • Films
  • Photographes
  • Réalisateurs
  • Scénaristes
  • Technique
  • Récompenses
  • Thèmes










  •    

    Les royaumes du cinéma
    Les rois et reines à l'étranger

    Alexandre le Grand

    Fils de Philippe II et d’Olympias, princesse d’Epire, Alexandre voit le jour en juillet 356 avant J.C à Pella, la capitale du royaume de Macédoine. Sa mère le convainc qu’il est le descendant de Zeus par son père et d’Achille par elle-même. Le jeune Alexandre a pour précepteur l’illustre Aristote, qui l’initie à la culture grecque. Il découvre les héros de l'Iliade, auxquels il rêve de ressembler. Il est intelligent mais aussi doué de bonnes qualités physiques.
    Très tôt, son père lui fait partager son pouvoir. Il lui confie le commandement de la cavalerie à la bataille de Chéronée (338 avant J.C). Alexandre s’illustre en exterminant le bataillon sacré des Thébains. Philippe II souhaite unifier les cités grecques pour ensuite attaquer les Perses. Il forme la ligue de Corinthe, regroupant toutes les cités sauf celle de Sparte, et déclare la guerre à la Perse. Il est assassiné en 336 avant J.C. Alexandre est alors proclamé roi de Macédoine.
    Alexandre annonce dès le départ son intention de poursuivre l’œuvre de son père. Devant l’agitation de la noblesse et le soulèvement de Thèbes, le nouveau roi doit marquer son autorité. Sa réaction ne se fait pas attendre. Il fait tuer ses ennemis potentiels et rase la ville de Thèbes. Il assoie fermement son pouvoir sur le royaume avant de partir en - 334 à la conquête de l’Asie mineure. Son armée compte environ 35 000 fantassins et 5 000 cavaliers. Alexandre débarque à l’endroit présumé de la cité troyenne. L'armée perse, supérieure numériquement, tente de l’arrêter sur les rives du Granique. Mais ce sont les soldats macédoniens qui s’imposent. Le roi Perse Darius III Codoman prend la fuite. Durant cette bataille, Alexandre a failli être tué à plusieurs reprises selon la légende.
    Alexandre mène ensuite une opération stratégique : occuper les côtes perses afin d’empêcher que les Perses quittent le territoire et tentent d’envahir la Grèce. Plusieurs villes se rendent sans résistance et Alexandre y restaure la démocratie. Le roi macédonien s’empare des autres villes par la force (Halicarnasse, Lampsaque ou Aspendos). A la fin de l’année 333 avant J.C, Alexandre a réussi à s’approprier toute la Lycie, la Pamphilie et la Pisidie. Il remonte à l’intérieur des terres, s’empare de Gordion (où il tranche le nœud gordien) et de Tarse.
    Dans la plaine d’Issos (la Syrie actuelle), l'armée grecque se mesure aux 600 000 soldats perses. Alexandre triomphe et Darius s'enfuit en Syrie, abandonnant sa mère, sa femme, ses filles et un important butin. C’est la débandade pour les troupes perses. Plutôt que de poursuivre Darius, Alexandre décide de poursuivre ses conquêtes en Syrie. La ville de Tyr lui résiste pendant sept mois avant de se soumettre (en août 332). Alexandre exerce une furieuse vengeance sur les Tyriens (8 000 d’entre eux sont massacrés et 30 000 vendus comme esclaves). Il s’attaque à Gaza, puis à l'Égypte où il est accueilli en libérateur (les Egyptiens n’appréciaient pas les Perses). Il chasse de la capitale Memphis le tyran perse qui y régnait. Le roi macédonien fonde, dans le Delta du Nil, la première colonie grecque égyptienne, Alexandrie. La ville deviendra un centre rayonnant de l'hellénisme. En 331 avant J.C, il se rend à l’oasis de Siwah, en plein désert, afin de consulter l’oracle du dieu Amon (l’équivalent de Zeus pour les Egyptiens). Il reçoit des prêtes le titre de "fils d'Amon", autrefois porté par les Pharaons. Alexandre règne en maître sur l'Asie hellénique et la Méditerranéenne.
    Au printemps 331, Alexandre décide de partir à Babylone, où s’est réfugié Darius. Le Grand Roi s’y est rebâti une importante armée. Le 1er octobre, à Gaugamèles, l’armée d’Alexandre prend une nouvelle fois le pas sur l’armée perse. Darius s’enfuit laissant derrière lui un large trésor et Alexandre pénètre triomphalement dans Babylone. Il devient roi de l’Asie. Poursuivant ses conquêtes des grandes capitales de l’Empire achéménide, Alexandre soumet successivement Suse, Persépolis et Pasargades, la dernière capitale perse. Le roi macédonien pille copieusement les trésors de ces villes et soumet une partie des habitants en esclavage.
    Après sa défaite, Darius a trouvé refuge avec quelques derniers partisans dans les montagnes d’Iran. Alexandre, qui ne peut être totalement roi de Perse tant que Darius existe, se lance dans une course poursuite effrénée en juillet 330 avant J.C. Des satrapes, Bessos, Barsaentès et Satibarzane, font prisonnier Darius et l’assassinent alors qu’Alexandre est tout proche d’eux. "Le Roi des Rois" s’éteint dans les bras d’Alexandre. Ce dernier semble ainsi être "naturellement" désigné comme son héritier. Alexandre le Grand fait rendre les honneurs royaux à Darius et jure de le venger. Avant de se lancer à la poursuite des assassins de Darius, Alexandre soumet l'Hyrcanie. Il apprend que Bessos s’est autoproclamé roi des Perses sous le nom d'Artaxerxès IV et s'est réfugié en Bactriane tandis que Satibarzane est retourné en Arie (à l'ouest de l'Afghanistan) et Barsaentès en Drangiane (au sud de l'Afghanistan). Alexandre parvient en Bactriane. Bessos est capturé et torturé avant d’être jugé à Ectabane.
    De 330 à 328, Alexandre et ses soldats connaissent une période difficile. Ils affrontent la résistance perse. Alexandre décide de modifier son armée, incorporant des cavaliers sogdiens et perses. Ses soldats n’approuvent pas ces nouveautés et souhaitent retourner au pays. Il soumet la Bactriane et la Sogdiane au prix de terribles combats. Alexandre fonde sur son passage une cinquantaine d’Alexandrie. Le roi macédonien épouse Roxane, fille du bactrien Oxyarte, selon le rite perse. La résistance perse s’efface et l’Iran est pacifié. Alexandre se tourne encore plus vers l’Est, un but qu’il nourrit depuis plusieurs années : l’Indus (l’Inde).
    Au printemps 327 avant J.C, Alexandre part avec une armée de 120 000 personnes pour les vallées de l’Indus. Il faut dire qu’à cette époque les Grecs connaissent peu de choses sur ces contrées. Alexandre se rend à la limite du royaume perse en 326 avant J.C. Le roi Poros veut empêcher les Macédoniens de franchir le fleuve. Ses troupes, renforcées par des éléphants, affrontent violemment celles d’Alexandre mais finissent par s’incliner. Alexandre prend possession de tout le Pendjab et apporte la culture grecque à la région. Arrivé aux bords de l'Hyphase, Alexandre veut continuer vers le Gange mais ses soldats, harassés par la mousson, refusent de continuer. Alexandre finit par céder et fait dresser douze autels pour les dieux, autour d'une colonne portant l'inscription: "Ici s'est arrêté Alexandre."
    Les troupes d’Alexandre se dirigent vers le sud, en direction de l'océan Indien. Une partie de sa flotte est confiée à Néarque. Alexandre et une autre partie des soldats franchissent avec d’énormes difficultés le désert de Gédrosie. Ils atteignent le Golfe Persique puis la route de Suse. Là, Alexandre organise des noces massives, ses soldats épousent des femmes perses et lui prend pour femme une fille de Darius. Le roi décide plusieurs mesures politiques, comme l’intégration de jeunes nobles perses dans la garde royale (jusqu’alors réservée aux nobles macédoniens). Alexandre exige également d’être considéré comme un dieu. Mécontents des mesures prises pour l’armée, des vétérans se mutinent à Opis. Alexandre fait exécuter treize des meneurs.
    En 324 avant J.C, Alexandre est terriblement attristé par la mort de son fidèle compagnon, Héphaïstion. Puis il se rend en 323 à Babylone. Il se lance dans un vaste programme de travaux. Il reçoit aussi des ambassadeurs de Carthage, d’Italie. Il réfléchissait semble-t-il à d’autres projets d’expédition. Mais il fut frappé par une forte fièvre qui l’emporta en une dizaine de jours. Le grand maître de la Grèce, de l'Egypte et de l'Asie, s’éteint le 13 juin 323 avant J.C à l’âge de 33 ans.
    Source : linternaute.com
    Entrée d’Alexandre le Grand dans Babylone ou le Triomphe d’Alexandre
    Charles Le Brun

    ALEXANDRE
    (Alexander)

    2004, USA, Péplum
    Réalisé par Oliver Stone
    Scénario d'Oliver Stone, Christopher Kyle & Laeta Kalogridis
    Photographie de Rodrigo Prieto
    Musique de Vangelis
    Décors de Jan Roelfs
    Costumes de Jenny Beavan
    Montage de Yann Hervé, Alex Marquez & Thomas J. Nordberg
    Son de Jean-Paul Mugel
    Montage son de Sélim Azzazi
    Durée 2 h 50

    Avec Colin Farrell (Alexandre), Angelina Jolie, Val Kilmer, Jared Leto, Anthony Hopkins, Jonathan Rhys-Meyers, Rosario Dawson, Christopher Plummer, Stephane Ferrara, Féodor Atkine, Annelise Hesme...

    Résumé : C'est l'histoire de la vie d'Alexandre le Grand, narrée par Ptolémée : Le tiraillement entre ses parents, de son enfance à sa mort, des cours d'Aristote aux conquêtes qui firent sa légende, de l'intimité aux champs de bataille. Fils du roi Philippe II, il soumit la Grèce révoltée, fonda Alexandrie, défit les Perses, s'empara de Babylone et atteint l'Indus pour établir à 32 ans l'un des plus grands empires ayant jamais existé. C'est l'histoire aussi des ses déceptions, trahisons et de sa solitude...


    Christine de Suède

    Minorité : Enfant unique de Gustave II Adolphe et de Marie-Éléonore (fille de l'Électeur de Brandebourg Jean III Sigismond de Hohenzollern), elle est élevée comme un garçon. Son père trouve la mort à la bataille de Lützen en 1632, alors qu'elle n'a que 6 ans. Sa mère névrosée la néglige au point qu'elle fait plusieurs chutes dans son enfance, lui laissant une épaule déformée. Gustave Adolphe, qui avait perdu 2 enfants en bas âge, avait réglé l'ordre de sa succession avant d'entrer en campagne. Il avait obtenu des nobles la suppression de la dévolution exclusivement masculine dès 1627. Christine monte alors sur le trône sans opposition, sous la tutelle du chancelier Axel Oxenstierna, le très compétent "Richelieu" suédois. Elle reçoit un enseignement sévère sous la direction du grand maître de la maison royale Axel Baner, le frère du maréchal, et de son précepteur, Johannès Matthiae. Aux études traditionnelles des langues et de l'histoire, s'ajoutait la pratique des arts et du sport.
    Oxenstierna est retenu en Allemagne par les péripéties de la guerre de Trente Ans et ne revient en Suède qu'en 1636 après le traité passé avec la France. Son premier geste est d'éloigner la reine douairière, dont la santé mentale a été altérée par la mort de son mari, afin d'éviter son influence néfaste sur la jeune Christine qui a 10 ans. C'est sa tante Catherine, comtesse des Deux-Ponts qui tint le rôle de mentor féminin.
    Prise de pouvoir : Majeure en 1644, la reine Christine s'oppose rapidement au chancelier Oxenstierna, définitivement mis à l'écart après le traité de Westphalie. Partisane de la paix, elle met fin aux conflits armés avec le Danemark en 1645 par le traité de Brömsebro qui donne à la Suède les îles de Ösel et de Gotland, le Jämtland et le Härjedalen en Norvège. La paix de Westphalie, signée en 1648, lui donne l'île de Rügen, Wismar, Verden et Brême, ainsi qu'une partie de la Poméranie et l'embouchure de l'Oder. Ces acquisitions font de la Suède la première puissance nordique.
    Christine est couronnée en 1650, et les préoccupations de son entourage se portent sur la pérennité de la dynastie, et donc sur les projets de mariage. Le premier prétendant n'est autre que son cousin Charles-Gustave, mais Christine a une préférence pour le comte Magnus Gabriel De la Gardie qui obtient de nombreuses libéralités de la part de la reine. Celle-ci a toutefois en horreur les liens du mariage et va pousser son favori à épouser Marie-Euphrosyne, la sœur de Charles-Gustave, donc sa cousine.
    Débarrassée des conflits, Christine peut se consacrer aux lettres et aux arts, alimentant sa propre bibliothèque d'ouvrages savants et faisant venir des œuvres de sculpture et peinture, surtout italiennes. Elle invite en Suède des érudits français tels Descartes qui y mourra en février 1650, Saumaise, Bochart ou Saint-Amant. Dans ses mémoires, Christine avouera l'influence de Descartes dans le mûrissement de ses pensées.
    Malgré un essor économique certain depuis la fin de la guerre de Trente ans, les extravagances de Christine, son goût pour les modes étrangères, les dépenses exorbitantes de son sacre, ses libéralités vis-à-vis de ses favoris et de ses invités, sa politique d'anoblissement en masse mettent à mal les finances royales. Refusant de se marier, s'habillant en homme et fumant la pipe, les pamphlets de l'époque lui prêtent de nombreuses aventures aussi bien féminines que masculines. Mais en femme de caractère, elle fait front aux critiques de son entourage.
    Abdication et conversion : La situation dynastique reste la question essentielle. Dès 1651, Christine envisage l'abdication. Renonçant définitivement à se marier, elle obtient de la Diète la désignation de son cousin Charles-Gustave d'abord comme successeur, puis comme prince héritier, ce qui englobe la propre descendance de ce dernier.
    Elle annonce le 11 février 1654 son abdication, prenant effet au 6 juin 1654. Les raisons en sont certainement complexes : lassitude et dégoût du pouvoir, difficultés financières proches de la banqueroute ou cheminement spirituel qui conduira cette fille d'un des champions protestants de la Guerre de Trente Ans à se convertir au catholicisme. Ce qui est certain est que le luthéranisme imposé par Gustave Ier Vasa était en Suède assez intolérant et que le culte catholique était strictement prohibé. Christine n'oublie pas de négocier son abdication contre des donations (les villes de Norrköping et de Wolgast, les îles de Gotland, Öland et Ösel, et quelques domaines de Poméranie) pour préserver ses futures ressources.
    Elle quitte immédiatement la Suède, faisant étape à Hambourg, Anvers et Bruxelles où elle se convertit secrètement au catholicisme. Cette conversion d'un ancien souverain protestant représente une victoire symbolique dans la lutte de la papauté contre le protestantisme. Mais le pape Alexandre VII exige une abjuration publique avant de la recevoir, chose faite à Innsbruck. Elle est accueillie avec faste à Rome le 20 décembre 1655 et reçoit sa première communion d'Alexandre VII. Elle est logée au palais Farnèse et fait connaissance du cardinal Decio Azzolino avec lequel elle entretiendra une relation sentimentale jusqu'à la fin de sa vie. Son caractère entier et sa liberté de mœurs ont tôt fait de lui aliéner ceux qui l'avaient reçue avec ferveur et Alexandre VII va prendre ses distances.
    Revendications et provocations : Ses revenus suédois rentrant mal, Christine décide de renégocier les accords passés avec son cousin. Elle obtient l'accord de Mazarin de traverser la France pour se rendre à Hambourg. Elle quitte Rome le 20 juillet 1656 sur la galère papale, débarque à Marseille et atteint la capitale le 8 septembre. Un vague projet est négocié avec Mazarin pour lui offrir le trône de Naples, Christine s'engageant à user de son influence pour rallier le pape au projet. Elle retourne en Italie, mais reste bloquée à Pesaro en raison de l'épidémie de peste qui sévit à Rome. Inquiète des tergiversations de Mazarin, ce dernier n'hésitant pas à jouer un double jeu, elle décide de retourner en France. C'est à cette occasion que, persuadée de la trahison de son écuyer Monaldeschi révélant à la cour espagnole son alliance avec les Français, elle le fait mettre à mort par ses gens à Fontainebleau le 10 novembre 1657.
    Ce meurtre lui vaudra le surnom de Sémiramis suédoise. Cette affaire embarrasse le jeune Louis XIV et Mazarin, mais la cour ménage l'ex-reine de Suède. Les esprits du temps ont longuement débattu sur le fait qu'un souverain ayant abdiqué puisse se faire justice chez un souverain étranger. Toutefois la cour de France est à nouveau soulagée de son départ pour l'Italie. Le 15 mai 1658 elle est de nouveau à Rome, mais elle a perdu de sa popularité.
    Le 13 février 1660, son cousin Charles-Gustave meurt subitement laissant la couronne de Suède à son fils de 5 ans. Christine décide de retourner en Suède et quitte Rome le 20 juillet. Malgré les réticences du chancelier elle arrive à Stockholm le 12 octobre et demande le rétablissement de ses droits héréditaires en cas de disparition du jeune roi. Elle se heurte à l'opposition des nobles et du clergé luthérien et doit reprendre le chemin de Rome en 1662. Elle va faire une nouvelle tentative en 1666, mais le Conseil de régence interdit à son aumônier catholique d'entrer dans le pays et elle ne dépasse pas Norrköping.
    En 1668, Jean Casimir abdique. La monarchie polonaise est élective et Christine a l'idée saugrenue de poser sa candidature, estimant ses chances réelles comme dernier rejeton des Vasa. Ce sera un nouvel échec lorsque les Polonais décident d'élire l'un des leurs, Michel Koributh Wisniowiecki.
    Mécène à Rome : Christine se fixe définitivement à Rome en octobre 1668. Elle demeure dans le Trastevere au Riario alla Lungara qu'elle transforme en musée. Elle y expose de multiples pièces (tapisseries, peintures, sculpture, dessins, objets divers de collection) qu'elle réunit à partir du fonds constitué en Suède, de donations ou d'achats plus récents. Le cabinet des médailles est particulièrement renommé. La bibliothèque comprend 5 000 volumes. Elle est l'amie des artistes comme le célèbre Bernini dont elle fera écrire la biographie à ses frais, apprécie les musiciens baroques : Filippo Acciaiuoli lui dédie ses drames musicaux et Alessandro Stradella ses cantates, Alessandro Scarlatti dont elle soutient les débuts, Arcangelo Corelli qui l'initie au violon. Elle obtient l'autorisation du pape d'ouvrir le premier théâtre public romain, le Tor di Nona.
    En 1674, elle crée l'académie du Riario, qui deviendra l'Académie d'Arcadie, société de lettrés et d'artistes. Elle s'intéresse aux sciences (astrologie et alchimie) et aux travaux de savants tel Borelli et Ciampini.
    Sur le plan religieux, elle fait preuve du même activisme qu'en politique en soutenant l'escadron volant du cardinal Azzolino qui lutte contre les influences aux conclaves des puissances étrangères (française et espagnole) lors des élections papales. Sa conversion ne l'empêche pas d'être foncièrement tolérante. Elle s'inquiète en 1686 du sort des protestants de France, qui doivent subir la politique des conversions forcées menées par le pouvoir royal. Elle critique plus particulièrement les dragonnades.
    Vers la fin de sa vie, peut-être sous l'influence du Bernin, elle se rapproche du mysticisme et protège Miguel de Molinos jusqu'à son arrestation et sa condamnation en 1685, ce qui lui valut d'être accusée de quiétisme par l'ambassadeur de France.
    Elle meurt à Rome en 1689 d'érysipèle, maladie dont elle souffrait depuis plusieurs années. Son corps repose au Vatican dans la crypte de la basilique Saint-Pierre

    Source : Wikipédia
    Christine de Suède en conversation avec René Descartes
    Toile de Pierre-Louis Dumesnil

    LA REINE CHRISTINE
    (Queen Christina)

    1933, USA, Biopic
    Réalisé par Rouben Mamoulian
    Scénario de H.M. Harwood, Salka Viertel, Margaret P. Levino, S.N. Behrman, Harvey Gates, Ben Hecht, Rouben Mamoulian, Ernest Vajda & Claudine West
    Photographie de William H. Daniels
    Musique d'Herbert Stothart
    Décors d'Edgar G. Ulmer & Edwin B. Willis
    Direction artistique d'Alexander Toluboff
    Costumes d'Adrian
    Montage de Blanche Sewell
    Mixage son d'Art Wilson
    Durée 1 h 39

    Avec Greta Garbo, John Gilbert, Ian Keith, Lewis Stone, Elizabeth Young, Aubrey Smith, Reginald Owen, Georges Renavent, Akim Tamiroff...

    Résumé : En 1632, Christine, âgée de 5 ans, succède à son père le roi Gustave-Adolphe de Suède, tué dans la bataille de Lützen. Elle est guidée dans l'exercice périlleux du pouvoir par Axel Oxenstierna, l'ancien conseiller de son père, devenu chancelier de la couronne. Adulte, Christine tente de faire régner la paix dans un pays encore déchiré par les guerres. Des intrigues se nouent pour la marier. Christine a pour amant lord Magnus, un homme ambitieux qui ne recule devant rien. C'est alors qu'elle rencontre don Antonio de La Prada, l'ambassadeur du roi d'Espagne. Très vite, elle succombe à son charme. Mais en coulisses, lord Magnus, dépité que la reine lui en ait préféré un autre, complote contre elle...


    Cléopâtre

    Cléopâtre est née au cours de l'hiver -69/-68 probablement à Alexandrie. Elle appartient à la dynastie des Lagides, dynastie macédonienne qui gouverne l'Égypte depuis la fin du IVe siècle. Cléopâtre est l'une des trois filles du roi d'Égypte Ptolémée XII Aulète, et vraisemblablement d'une concubine, puisque Strabon affirme que Ptolémée XII n'eut qu'une seule fille légitime, Bérénice IV, qui régna de -58 à -55. Cependant cette éventuelle bâtardise n'est pas certaine car elle n'apparaît jamais dans les insultes et attaques dont la reine est l'objet plus tard. De toute manière, être une fille illégitime, si c'est le cas, n'est pas un handicap, Ptolémée XII étant lui-même un fils illégitime de Ptolémée IX. Mais Cléopâtre entretient elle-même le mystère sur ses origines maternelles, laissant planer le doute sur une possible ascendance égyptienne. C'est l'un des facteurs, outre le fait qu'elle parle égyptien, qu'avancent certains historiens pour expliquer le curieux titre de la reine, philopatris ("qui aime sa patrie"), lequel surprend dans une dynastie qui privilégie plutôt les liens dynastiques ("qui aime son père... sa mère... sa sœur...") que l'attachement aux pays et aux peuples qu'elle gouverne. Mais peut-être ne faut-il y voir qu'une attention plus marquée, rare chez ses prédécesseurs si l'on excepte Ptolémée VIII dit Physcon, à l'Égypte indigène. À moins que philopatris n'évoque l'origine macédonienne de la dynastie lagide. Une autre hypothèse consiste à dire que cette "patrie" n'est autre qu'Alexandrie, ce qui insisterait sur le fait que Cléopâtre est une "créole" macédonienne et non pas une Égyptienne : en effet, Alexandrie (fondation d'Alexandre le Grand) est alors considérée comme extérieure et indépendante de l'Égypte à laquelle elle n'est réunie que du fait de ses souverains. De cela découle l'expression "d'Alexandrie près de l'Égypte" alors courante et qui marque cette situation.
    Nous ignorons tout de son enfance et de ses années d'adolescence. Tout au plus pouvons-nous imaginer qu'elle dut observer les événements du règne chaotique de son père avec une grande acuité. La désaffection entre la population égyptienne et la dynastie lagide est patente sous le règne de Ptolémée XII. Les causes sont nombreuses : dégénérescence physique et morale des souverains, centralisation outrancière, corruption et cupidité des administrateurs. La multiplication des révoltes indigènes, la perte de Chypre et de la Cyrénaïque, la dévaluation de la tétradrachme (une première depuis Ptolémée Ier) dont la valeur en argent passe de 90% à 33%, font de ce règne l'un des plus calamiteux de la dynastie.
    La puissance de Rome, qui intervient militairement pour rétablir Ptolémée XII en -55 renversé par sa fille aînée Bérénice IV 3 ans plus tôt, est certainement un élément compris et assimilé par la jeune Cléopâtre. Rétabli par Gabinius, le gouverneur de Syrie, Ptolémée XII se lance dans une série de massacres, de proscriptions et d'assassinats (dont sa propre fille Bérénice, la demi-sœur de Cléopâtre). Cette politique ne rend pas son autorité à un roi fantoche qui ne se maintient que par la présence romaine, laquelle de plus grève les finances du pays. Les tribulations du règne précédent apprennent ainsi à la future reine à utiliser tous les moyens pour se débarrasser de ses adversaires ou de ceux qui gênent ses projets, comme son jeune frère Ptolémée XIV en -44.
    Il est difficile de cerner la véritable personnalité de Cléopâtre, qu'un certain romantisme a contribué à déformer, mais elle possède à l'évidence beaucoup de courage et se révèle suffisamment puissante pour inquiéter les Romains. Aucune source sûre ne vient nous éclairer sur son aspect physique qui échappe à un classement esthétique banal. Le buste de Cherchell, réalisé bien après sa mort, à l'occasion du mariage de sa fille, Cléopâtre Séléné, avec le roi Juba II de Maurétanie, est idéalisé. Certains auteurs antiques insistent sur sa beauté presque divine. Les quelques pièces de monnaies en notre possession donnent l'image d'une femme aux traits lourds et au nez assez proéminent. Nous savons qu'elle a une présence forte et du charme, qu'elle dégage une puissante séduction et que cela est complété par une voix ensorcelante ainsi qu'un esprit brillant et cultivé. En effet, alors que l'éducation des filles (même de familles royales) est négligée dans le monde grec ou hellénistique, Cléopâtre bénéficie apparemment de l'enseignement de pédagogues cultivés. Plutarque insiste sur ses qualités intellectuelles. C'est ainsi que Cléopâtre est une polyglotte et parle, outre le grec, l'égyptien (première et dernière de sa dynastie à faire cet effort, encore qu'il y ait un doute pour Ptolémée VIII dit Physcon), l'araméen, l'éthiopien, le mède, l'arabe, sans doute aussi l'hébreu ainsi que la langue des Troglodytes, un peuple vivant au Sud de la Libye. De tels dons ne la laissent sans doute pas longtemps démunie face au latin, encore que des Romains aussi cultivés que César parlent un grec parfait. Plusieurs traités de métrologie, d'alchimie, de gynécologie ou de cosmétique (le Kosmètikon) lui sont attribués, mais ils sont jugés apocryphes par les historiens modernes.
    Le testament du roi Ptolémée XII, mort en mars 51 av. J.-C., désigne comme successeurs Cléopâtre et un frère cadet de celle-ci, Ptolémée XIII, d'une dizaine d'années environ, à qui elle est nominalement mariée car selon la coutume ptolémaïque, elle ne peut régner seule. Rien ne prouve que Cléopâtre ait voulu exercer la totalité du pouvoir à l'époque, en tout cas les titulatures de cette période lui accordent toujours la seconde place. Ces 3 premières années de règne sont difficiles du fait des difficultés économiques : disette des années -50/-48, crues insuffisantes du Nil et lutte politique entre l'eunuque Pothin et le général Achillas qui cherchent à opposer le frère et la sœur. À l'automne -49 les relations se dégradent totalement entre les 2 souverains. Les causes de cette rupture sont ignorées. Toujours est-il qu'à partir de cette date le nom de la reine figure dans les textes officiels avant celui de Ptolémée XIII. En fait c'est une véritable guerre qui éclate entre les deux monarques puisqu'à l'été -48 ils se font face à Péluse. Il semble que Cléopâtre se trouve en difficulté car elle doit fuir en Syrie puis à Ascalon, où elle trouve de l'aide.
    C'est alors qu'intervient la puissance romaine. En effet Pompée, vaincu par Jules César à Pharsale au début du mois de juin 48 av. J.-C., tente de trouver refuge en Égypte. Appien affirme que Ptolémée XIII et Cléopâtre avaient aidé Pompée par l'envoi d'une flotte de soixante navires. Le jeune roi Ptolémée XIII et ses conseillers jugent sa cause perdue et pensent s'attirer les bonnes grâces du vainqueur en le faisant assassiner, dès qu'il pose le pied sur le sol égyptien le 30 juillet 48 av. J.-C., sous les yeux de son entourage. César, qui débarque 2 jours plus tard, est semble-t-il furieux de ce lâche forfait (il fait enterrer la tête de Pompée dans le bosquet de Némésis en bordure du mur est de l'enceinte d'Alexandrie) et n'éprouve pour le pharaon que mépris.
    Quelles étaient les intentions de César en débarquant en Égypte ? Il est difficile de se prononcer clairement. Il y a des raisons politiques, César ayant certainement l'intention d'annexer l'Égypte, mais aussi des raisons plus privées, bien qu'il évoque les vents contraires pour différer son retour. En effet, il tente d'obtenir le remboursement de dettes que Ptolémée XII avait contractées auprès d'un banquier romain et qu'il a reprises à son compte. Il juge pour cela indispensable de réconcilier le couple royal et tente de s'y employer à la fin de l'année -48. Les deux souverains sont convoqués au palais royal d'Alexandrie. Ptolémée XIII s'y rend après diverses tergiversations ainsi que Cléopâtre. C'est à ce moment que se déroule, s'il est authentique, l'épisode du tapis dans lequel la reine se serait fait enrouler afin de parvenir auprès de César. Celui-ci tente d'imposer le "statu quo ante", c’est-à-dire le retour au testament de Ptolémée XII, ce qu'accepte Cléopâtre mais pas son frère, guère impressionné par les faibles effectifs de César (environ 7 000 hommes). Celui-ci se retrouve même prisonnier à Alexandrie à la fin de -48, sans renforts. Seule la noyade de Ptolémée XIII dans le Nil le 15 janvier 47 av. J.-C. met fin au conflit.
    César renonce semble-t-il à son projet d'annexion à ce moment. Est-ce la romance avec la reine de 30 ans plus jeune devenue son alliée, les difficultés militaires rencontrées lors de l'hiver -48/-47 ou son voyage sur le Nil qui lui firent renoncer à l'annexion pour lui préférer une alliance ? Difficile d'être affirmatif, mais il est un motif qui peut expliquer ce changement. En cette période troublée (César n'a pas encore réduit les derniers partisans de Pompée) un gouverneur d'Égypte ambitieux pouvait affamer Rome en la privant du blé égyptien et s'en faire un tremplin pour ses ambitions politiques. Auguste plus tard interdit aux sénateurs l'accès de l'Égypte afin d'éviter d'inutiles tentations. Maintenir une dynastie discréditée tout en gardant le contrôle militaire du pays (trois légions romaines restent après le départ de César) est par conséquent la solution, peut-être provisoire dans l'esprit du conquérant, la plus commode.
    Cléopâtre épouse alors un autre de ses frères cadets, Ptolémée XIV, sur l'injonction de César. Cependant elle est la seule à détenir réellement le pouvoir (sous protectorat romain) et le protocole enregistre cette prépondérance en plaçant le nom de la reine en tête des actes officiels. Sa liaison avec César n'est un mystère pour personne. Ce dernier cependant doit bientôt quitter Alexandrie pour combattre le roi du Pont, Pharnace II, puis les derniers partisans de Pompée en Afrique. De retour à Rome, il convoque les souverains lagides en -46. Les raisons de cette convocation sont imprécises. César, lui-même marié, souhaite-t-il retrouver sa maîtresse, qu'il loge dans sa propriété de la rive droite du Tibre ? Veut-il impressionner par l'éclat des 4 triomphes qu'il célèbre durant l'été -46 ? A-t-il comme objectif de montrer ce qu'il en coûte de se révolter contre Rome en faisant figurer dans son triomphe la sœur de Cléopâtre et de Ptolémée XIV, Arsinoé, qui s'était fait reconnaître reine par les troupes de Ptolémée XIII ? Souhaite-t-il garder en otage les 2 souverains d'un État dont les ressources en blé sont vitales à Rome ? Difficile de trancher pour une hypothèse plutôt qu'une autre. Toujours est-il que l'Égypte est administrée pendant ce temps par les officiers de ses troupes restés à Alexandrie. On connaît peu de choses sur ce séjour de 2 ans à Rome, sinon qu'il y eut en fait 2 séjours : un premier dans la villa du Trastevere de César, puis, après un bref retour en Égypte, un second, probablement dans les anciens jardins appartenant à son amie Claudia, la femme de Catulle. Le seul geste officiel de César en sa faveur est de faire placer une statue dorée de la reine dans le sanctuaire de Vénus Genetrix, ancêtre mythique de la gens Iulia dont il est issu. Nous savons cependant qu'elle rencontre de nombreux hommes politiques romains dont Cicéron qui n'hésite pas à écrire à Atticus : Je déteste la reine !. Aux yeux de la morale romaine, Cléopâtre reste la prostituée de César. Même si elle est reine ou déesse en sa demeure, elle incarne une conquête romaine ou une esclave qui ne doit pas offrir de descendance à César. Pline la surnommera même la "regina meretrix", la reine putain. De nombreuses lampes à huile sont illustrées de scènes la caricaturant. On la voit ainsi s’accoupler avec un crocodile en tenant une palme de victoire.
    Imaginer que la présence de Cléopâtre à Rome s'explique par le rôle actif qu'elle y aurait joué et prêter à César l'intention de transporter à Alexandrie sa capitale (selon Suétone) est très excessif. Il parait difficile d'imaginer César gouvernant l'Italie depuis l'Égypte alors que la situation politique demeure trouble. Dans son testament, il ne fait aucune allusion à Césarion (dont la date précise de naissance reste sujette à caution, sans doute est-il né après la mort de César), né de Cléopâtre, mais fait d'Octave son héritier. Il est donc certain que César vivant est plus un obstacle au projet de restauration de la puissance lagide que nourrit Cléopâtre. Aussi sa mort est-elle une surprise mais aussi une chance que la reine va exploiter.
    Au début de l'année -44 César est assassiné. Profitant de la situation confuse qui s'ensuit, Cléopâtre quitte alors Rome à la mi-avril, fait escale en Grèce, puis fait voile vers Alexandrie où elle arrive en juillet 44 av. J.-C.. Elle entreprend de rétablir l'autorité de l'Égypte sur Chypre, qui avait été cédée à Rome par Ptolémée XII en -59. À peine de retour dans son pays elle fait assassiner Ptolémée XIV, à la fois monarque inutile et rival potentiel. La naissance de son fils lui assure un successeur éventuel et elle prend donc seule le titre de reine. Cléopâtre, enfin seule souveraine d'Égypte, même si c'est au nom de son fils, est confrontée à des années difficiles. En -43 une famine s'abat sur son pays, puis la crue du Nil fait défaut 2 années consécutives (-42/-41). Il semble que la reine se soit préoccupée essentiellement de l'approvisionnement de sa capitale, vrai centre de son pouvoir mais prompte à se rebeller. De plus, il lui faut compter avec les 3 légions romaines installées par son défunt amant, qui se livrent à des exactions jusqu'à leur départ en -43. La guerre que se livrent les assassins de César, Cassius et Brutus et ses héritiers, Octave et Marc Antoine, oblige la reine à des contorsions diplomatiques. En effet, Brutus tient la Grèce ainsi que l'Asie Mineure, tandis que Cassius s'installe en Syrie. Le gouverneur de Cléopâtre à Chypre, Sérapion, aide donc Cassius avec sans aucun doute l'assentiment de la reine quels que soient les sentiments que lui inspire l'un des assassins de César. Sérapion est officiellement désavoué plus tard. Dans le même temps, Cléopâtre envoie une flotte aux partisans de César, qui reconnaissent Césarion pour roi. Cette flotte est victime d'une tempête au large de la Libye mais le geste place la reine dans le camp des vainqueurs quand en -42 les républicains sont écrasés à Philippes. De plus, elle renvoie les légions (vers -43) qui stationnent en Égypte contre Cassius. Elle espère que celles-ci vont s'opposer à ce dernier mais en fait elles se rallient à sa cause. Cassius, semble-t-il, envisage de s'emparer d'Alexandrie quand le débarquement en Grèce d'Antoine et d'Octave l'oblige à renoncer à ses projets.
    Nous ignorons depuis quand Cléopâtre, âgée de 29 ans en -41, et le général romain, qui a une petite quarantaine d'années, se connaissent. Nous savons que Marc Antoine était l'un des officiers qui avaient participé au rétablissement de Ptolémée XII en -55 mais il est peu probable qu'ils se soient fréquentés, Cléopâtre n'ayant à l'époque qu'une quinzaine d'années, même si Appien indique qu'Antoine avait remarqué la future reine. Nous ne possédons aucun témoignage certain sur cette possible rencontre. Il est plus vraisemblable qu'ils se soient fréquentés lors du séjour à Rome de Cléopâtre. Pourtant lors de leur rencontre en -41 ils semblent assez mal se connaître. Dans le partage du monde romain intervenu après l'écrasement des républicains, l'orient est dévolu à Antoine. Il reprend alors le projet de César avant sa mort, c'est-à-dire une grande expédition contre les Parthes. Pour cela il convoque les souverains des royaumes clients à Tarse, en Cilicie, y compris la reine d'Égypte. Celle-ci connaît au moins un des défauts de l'officier, sa vanité et son amour du faste, aussi arrive-t-elle dans un navire à la poupe dorée et aux voiles pourpres, siégeant sous un dais d'or entourée d'un équipage déguisé en nymphes, Néréides et Amours. Puis elle invite Marc Antoine à son bord pour un somptueux banquet. Commence alors une liaison de 10 ans, sans doute l'une des plus célèbres de l'Histoire même s'il est difficile de savoir quelle est la part de calcul dans l'attitude d'Antoine, lequel a besoin de l'Égypte pour ses projets.
    Dans un premier temps, Marc Antoine suit Cléopâtre à Alexandrie, où il passe l'hiver -41/-40, laissant son armée. C'est à ce moment qu'une vaste offensive des Parthes leur permet de s'emparer de la Syrie, du sud de l'Asie Mineure, et de la Cilicie. Antigone Mattathias, un prince de la famille des Hasmonéens, hostile aux Romains, est installé sur le trône de Jérusalem. Marc Antoine mène une courte contre-offensive depuis Tyr puis est obligé de rentrer à Rome (été -40) où s'affrontent ses partisans et ceux d'Octave. Il conclut avec ce dernier la paix de Brindes en octobre 40 av. J.-C. et épouse sa sœur, Octavie. Pendant ce temps à Alexandrie Cléopâtre accouche de jumeaux : un garçon Alexandre Hélios, et une fille Cléopâtre Séléné. La séparation dure 3 ans, du printemps -40 à l'automne -37, et nous ne savons rien ou presque de l'action de la reine durant cette période. Au retour d'Antoine, les 2 amants se retrouvent à Antioche à l'automne -37 ; celui-ci entame une politique nouvelle. Alors que ses officiers et ses alliés ont chassé les Parthes, il substitue là où c'est possible des États clients, qui lui sont fidèles, à une administration directe de Rome. C'est ainsi qu'Hérode devient roi de Judée avec l'appui direct d'Antoine. C'est un phénomène identique qui se déroule en Galatie, dans le Pont et en Cappadoce. Cléopâtre en tire un bénéfice immédiat puisqu'elle se voit confirmer la possession de Chypre, qui est en fait effective depuis -44, mais aussi de villes de la côte syrienne, du royaume de Chalcis, au Liban actuel, et de la côte cilicienne. Elle reconstitue ainsi une partie de la thalassocratie des premiers rois lagides.
    En -37/-36 Marc Antoine entame une campagne contre les Parthes qui tourne au désastre, en grande partie causé par un hiver rigoureux dans les montagnes d'Arménie et du nord-ouest de l'Iran actuel. Antoine lui-même en réchappe de peu. Cléopâtre est restée à Alexandrie pour accoucher d'un troisième enfant du couple, Ptolémée Philadelphe. Après -37, on commence à voir à Rome dans l'alliance entre Antoine et Cléopâtre une menace contre l'Empire et contre Octave. Celui-ci envoie sa sœur Octavie, la femme légitime d'Antoine et la mère de ses 2 filles, Antonia Major l'Aînée (la future grand-mère de Néron), et Antonia Minor la jeune (future mère de Germanicus et de Claude) au début du printemps -35 rejoindre son mari. Antoine ordonne à sa femme, lorsque celle-ci parvient à Athènes, de rebrousser chemin. Octavie, sans montrer extérieurement le moindre signe de contrariété, ordonne aux troupes qui l'accompagnent, des renforts de son frère pour son époux, de poursuivre leur chemin vers Alexandrie. Antoine projette en effet de faire oublier son échec militaire de -36 et lance en -35 une seconde expédition plus chanceuse. L'Arménie et la Médie font acte d'allégeance et Antoine célèbre un triomphe, non à Rome, mais à Alexandrie où Cléopâtre et ses enfants sont associés. Un peu plus tard Césarion est proclamé roi des rois, Alexandre Hélios reçoit en partage l'Arménie et les terres au-delà de l'Euphrate, Ptolémée Philadelphe quant à lui se voit confier, nominativement bien sûr car il a environ 2 ans, la Syrie et l'Asie Mineure. Enfin Cléopâtre Séléné se retrouve à la tête de la Cyrénaïque. Il semble que le caractère hasardeux et chimérique de ces projets grandioses et irréalistes, une partie non négligeable de ces royaumes ne sont pas réellement sous le contrôle de Marc Antoine, n'échappe pas à Cléopâtre qui se contente plus prosaïquement de réclamer à son amant, en vain, la Judée.
    Les relations avec Octave s'enveniment de nouveau en -32 et l'affrontement devient inévitable. Nul doute qu'Octave craint Marc Antoine et sa popularité, encore forte au Sénat, mais le triomphe d'Antoine en -35 et la désignation de Ptolémée XV Césarion comme roi des rois lui font envisager un danger plus vaste encore. Après tout, ce jeune homme est le seul fils de César, et il pourrait un jour lui venir l'idée, si les circonstances s'y prêtent, de venir réclamer son héritage paternel. Aussi Octave va s'employer à dénigrer Marc Antoine par tous les moyens et surtout Cléopâtre, l'Égyptienne, celle qui le tient sous ses charmes et qui l'oblige à des abandons qu'Octave estime désastreux pour Rome. La plupart de ces accusations sont de mauvaise foi et de la propagande auprès de l'opinion publique romaine mais sont aussi pour beaucoup à l'origine de la "légende noire" de Cléopâtre chez nombre d'auteurs antiques comme Sénèque et Pline l'Ancien. Cléopâtre est rendue responsable de la guerre et la propagande d'Octave n'hésite pas à affirmer qu'elle souhaite régner sur Rome.
    La guerre voit l'Égypte fournir une part importante de l'effort de guerre (plus de 200 trières) ainsi que les royaumes alliés, à l'exception notable de l'habile Hérode qui visiblement fait le pari d'une victoire d'Octave, la reine d'Égypte lorgnant sur son royaume depuis fort longtemps. Mais Marc Antoine, alors qu'il dispose des troupes les plus aguerries et de la supériorité numérique, mène la guerre en dépit du bon sens, sans énergie et alors qu'Octave peine à constituer son armée, il lui laisse le temps de s'organiser. De plus, l'implication de Cléopâtre dans le conflit est mal perçue par les officiers qui entourent Antoine, en particulier les anciens républicains, assassins de César, et qui se sont ralliés à lui. Ainsi Domitius Ahenobarbus refuse absolument de saluer Cléopâtre de son titre de reine et finit par faire défection. Cette hostilité viscérale de certains Romains à la monarchie éloigne d'Antoine de nombreux hommes de valeur ; elle ne sera pas comprise par les historiens de culture grecque des siècles suivants, qui ne font guère de différence entre la dictature de César, le triumvirat et le principe monarchique des autres peuples. Cléopâtre connaît d'ailleurs cette hostilité et ne quitte pas Marc-Antoine de toute la préparation du conflit. Elle est présente à Éphèse, à Athènes puis à Patras. Plus lucide que les officiers d'Antoine, elle comprend fort bien qu'Octave ne la dénonce que pour mieux miner le prestige d'Antoine encore important au Sénat. Octave n'est pas un grand chef de guerre, mais il compte avec Agrippa, un officier compétent qui lui donne rapidement l'avantage. Lorsqu’éclate la bataille navale d’Actium (septembre 31 av. J.-C.), Cléopâtre anticipe rapidement l'issue finale de la guerre et rompt le combat avec sa flotte. Cette fuite, seul moyen de sauver ce qui peut l'être, est évidemment exploitée par Octave auprès des officiers et des hommes d'Antoine dont beaucoup changent d'allégeance.
    Les derniers mois sont assez mal connus. Antoine retourne en Égypte et ne prend pratiquement aucune mesure pour lutter contre l'avancée de plus en plus triomphale d'Octave. Il consume ses forces en banquets, beuveries et fêtes somptueuses sans se soucier de la situation. Il semble que Cléopâtre ait surtout cherché à mettre Césarion à l'abri en l'expédiant à Méroé, au Soudan. Vers août 30 av. J.-C. Octave arrive à Alexandrie. À la fausse annonce du suicide de Cléopâtre, Marc Antoine met fin à ses jours en se jetant sur son épée. Mourant, il est transporté par Cléopâtre dans son propre tombeau. Celle-ci est conduite devant Octave, qui la laisse se retirer avec ses servantes. Cette attitude est curieuse de la part du futur Auguste car il semble ne prendre aucune précaution pour prévenir un suicide de la reine ; il a pourtant besoin d'elle pour figurer à son triomphe. Craint-il qu'à l'instar de sa sœur Arsinoé, figurant au triomphe de Jules César en -46, elle n'inspire aux Romains que compassion plutôt que haine ? Il n'est pas impossible qu'Octave ait espéré le suicide de Cléopâtre, qui pouvait passer pour une lâcheté supplémentaire, accréditant la thèse défendue par sa propre propagande. Suétone affirme au contraire qu'Octave souhaitait maintenir la reine en vie et qu'il aurait tenté de la faire sauver.
    Source : Wikipédia
    "Cléopâtre et César" de Jean-Léon Gérôme
    "La mort de Cléopâtre" d'Arnold Böcklin

    CLÉOPÂTRE

    1910, France, Court-métrage
    Réalisé par Henri Andréani & Ferdinand Zecca
    Adaptation de Ferdinand Zecca & Henri Andréani d'après la pièce de théâtre de William Shakespeare
    Décors de Jambon

    Avec Madeleine Roch, Jeanne Bérangère, Stacia Napierkowska, Mademoiselle Rianza...

    Résumé : Le film nous montre la célèbre reine d’Égypte à partir de l’époque où elle cherche à séduire Marc Antoine, vainqueur et chargé des affaires d’Orient. Elle va au-devant de lui dans une galère aux rames d’argent, aux voiles de soie et de pourpre. Ébloui par cette femme élégante, qui parlait six langues et savait lui tenir tête dans les orgies, Marc Antoine oublia tout et devint l’instrument de cette reine ambitieuse. Alors commença la vie inimitable où les excès et les fantaisies de toutes sortes étaient poussés jusqu’au fantastique et dont nous voyons le reflet dans une fête au palais de Tare. Marc Antoine en vient à oublier qu’il était Romain ; il se conduisit en rebelle et chassa Octave qui lui reprochait sa désertion. Celui-ci résolut d’en finir avec son rival et...
    CLÉOPÂTRE
    (Cleopatra)

    1963, USA/Grande-Bretagne/Suisse, Biopic
    Réalisé par Joseph L. Mankiewicz, Rouben Mamoulian & Darryl F. Zanuck
    Scénario de Joseph L. Mankiewicz, Ranald MacDougall, Sidney Buchman & Ben Hecht d'après les historiens Plutarch, Suetonius & Appian et d'après le livre de Carlo Mario Franzero "The Life and Times of Cleopatra"
    Photographie de Leon Shamroy & Jack Hildyard
    Musique d'Alex North
    Décors de John DeCuir, Paul S. Fox, Ray Moyer & Walter M. Scott
    Direction artistique d'Herman A. Blumenthal, Hilyard M. Brown, Boris Juraga, Maurice Pelling, Jack Martin Smith & Elven Webb
    Costumes de Vittorio Nino Novarese & Renié
    Montage de Dorothy Spencer & Elmo Williams
    Scripte d'Elaine Schreyeck
    Durée 3 h 12

    Avec Elizabeth Taylor, Richard Burton, Rex Harrison, Pamela Brown, George Cole, Hume Cronyn, Cesare Danova, Kenneth Haigh, Andrew Keir, Martin Landau, Roddy McDowall, Robert Stephens, Francesca Annis, Grégoire Aslan, John Doucette, Michael Hordern, John Hoyt, Carroll O'Connor, Finlay Currie, Desmond Llewelyn, Laurence Naismith...

    Résumé : C'est l'histoire de la vie d'Alexandre le Grand, narrée par Ptolémée : Le tiraillement entre ses parents, de son enfance à sa mort, des cours d'Aristote aux conquêtes qui firent sa légende, de l'intimité aux champs de bataille. Fils du roi Philippe II, il soumit la Grèce révoltée, fonda Alexandrie, défit les Perses, s'empara de Babylone et atteint l'Indus pour établir à 32 ans l'un des plus grands empires ayant jamais existé. C'est l'histoire aussi des ses déceptions, trahisons et de sa solitude...

    Prix & Récompenses : Oscar 1964 : Meilleure photographie, meilleure direction artistique, meilleurs costumes & meilleurs effets spéciaux.


    Elisabeth Ire

    Élisabeth Ire, est née le 7 septembre 1533 au palais de Placentia à Londres et elle est morte le 24 mars 1603 au palais de Richmond à Londres. Elle fut reine d'Angleterre et d'Irlande de 1558 à sa mort.
    Élisabeth était la fille du roi Henri VIII d'Angleterre et d'Anne Boleyn qui fut exécutée 3 ans après sa naissance. Élisabeth fut nommée d'après ses grands-mères Élisabeth d'York et Élisabeth Howard. Elle perdit son titre de princesse. Son demi-frère Édouard VI nomma comme héritière sa cousine Jeanne Grey, ce qui écarta Élisabeth et sa demi-sœur catholique Marie, de la succession au trône même si cela contrevenait à la législation. Le testament d'Edouard VI fut néanmoins ignoré, Marie devint reine en 1553, et Jeanne Grey fut exécutée. Élisabeth lui succéda 5 ans plus tard après avoir passé près d'un an en prison en raison de son soutien supposé aux rebelles protestants.
    Lors de la procession triomphale dans Londres le 14 janvier 1559, Élisabeth fut acclamée par la foule, et son attitude ouverte et enjouée enthousiasma les spectateurs. Le lendemain, elle fut couronnée dans l'abbaye de Westminster.
    Élisabeth Ire s'entoura d'un groupe de conseillers de confiance mené par William Cecil pour définir sa politique. L'une de ses premières décisions de reine fut d'établir l'autorité de l'église protestante anglaise dont elle devint le gouverneur suprême. Ce Règlement élisabéthain évolua par la suite pour devenir l'Église d'Angleterre. Malgré de nombreuses offres, Élisabeth Ire ne se maria jamais et la lignée Tudor s'éteignit avec elle. En vieillissant, elle devint célèbre pour sa virginité ; elle fut surnommée la Virgin Queen ("Reine Vierge"), et cet aspect fut célébré dans de nombreuses œuvres artistiques.
    Elle était politiquement plus modérée que l'avaient été son père, son demi-frère et sa demi-sœur ; l'une de ses devises était video et taceo ("je vois et je ne dis rien"). Élisabeth Ire était relativement tolérante sur le plan religieux et ne chercha pas à programmer des persécutions. En 1570, le pape l'excommunia et encouragea les sujets catholiques d'Élisabeth à ne plus lui obéir. La reine, qui échappa à plusieurs complots, adopta une diplomatie prudente et ménagea les grandes puissances européennes qu'étaient la France et l'Espagne. Elle ne soutint qu'à contre-cœur plusieurs campagnes militaires dans les Pays-Bas, en France et en Irlande qui échouèrent en grande partie du fait de manque de ressources. Pendant son règne éclate la guerre guerre anglo-espagnole qui voit l'Armada espagnole tenter en vain par son Invincible Armada d'envahir le Royaume d'Angleterre en 1588.
    Le règne d'Élisabeth Ire appelé ère élisabéthaine est associé à l'épanouissement du théâtre anglais représenté par William Shakespeare et Christopher Marlowe, ainsi qu'aux prouesses maritimes d'aventuriers comme Francis Drake. Certains historiens ont cependant nuancé cet âge d'or supposé et qualifient Élisabeth Ire de souveraine irascible et indécise qui eut plus que sa part de chance. Vers la fin de son règne, une série de problèmes économiques et militaires affectèrent sa popularité. Élisabeth Ire est néanmoins reconnue pour son charisme et son caractère obstiné à une époque où les monarques des pays voisins affrontaient des difficultés internes qui mettaient leur trône en péril. Ce fut par exemple le cas de sa rivale Marie Ire d'Écosse qu'elle fit emprisonner en 1568, puis exécuter en 1587. Après les brefs règnes de ses demi-frère et demi-sœur, ses 44 années sur le trône ont apporté une stabilité bienvenue au royaume et aidé à forger une identité nationale. Elle est la dernière représentante de la maison Tudor, sur le trône des royaumes d'Angleterre et d'Irlande.

    Source : Wikipédia

    LA VIE PRIVÉE D'ELISABETH D'ANGLETERRE
    (The Private Lives of Elizabeth and Essex)

    1939, USA, Biopic
    Réalisé par Michael Curtiz
    Scénario de Norman Reilly Raine & Æneas MacKenzie d'après la pièce de Théâtre de Maxwell Anderson "Elizabeth the queen"
    Photographie de Sol Polito
    Musique d'Erich Wolfgang Korngold
    Directeur musical : Leo F. Forbstein
    Direction artistique d'Anton Grot
    Costumes d'Orry-Kelly
    Montage d'Owen Marks
    Son de C.A. Riggs
    Durée 1 h 46

    Avec Bette Davis, Errol Flynn, Olivia de Havilland, Donald Crisp, Alan Hale, Vincent Price, Henry Stephenson, Henry Daniell, James Stephenson, Robert Warwick, Leo G. Carroll...

    Résumé : Les amours tumultueuses de la reine Elisabeth 1ère et de son amant le comte d’Essex...


    Caroline-Mathilde de Hanovre

    Caroline-Mathilde est le plus jeune enfant de Frédéric, prince de Galles, et de la princesse Augusta de Saxe-Gotha, d'où son titre. Son père meurt subitement 3 mois environ avant sa naissance. Elle naît à Leicester House, à Londres, et reçoit le titre de "Son Altesse Royale la princesse Caroline-Mathilde", en tant que fille du prince de Galles ; cela, bien qu'à l'époque de sa naissance, le titre de prince de Galles ait été passé à son frère George. Les deux prénoms qu'elle porte lui viennent de sa tante, la princesse Caroline. La jeune princesse est baptisée 10 jours plus tard, dans la même demeure, par l'évêque de Norwich, Thomas Hayter. Elle a pour parrain son frère, le prince de Galles, et ses marraines sont sa tante du côté paternel, la princesse Caroline, et sa sœur, la princesse Augusta. Elle est élevée par sa mère, aux principes stricts, loin de la cour d'Angleterre, et est décrite comme naturelle et sans manières ; elle aime la vie au grand air et l'équitation. Elle sait parler l'italien, le français et l'allemand, et on la décrit comme une chanteuse accomplie dotée d'une belle voix.
    À l'âge de 15 ans, Caroline-Mathilde, ainsi qu'on la connaît au Danemark, laisse sa famille derrière elle, en Grande-Bretagne, pour se rendre au Danemark y épouser son cousin, Christian VII de Danemark, alors âgé de 17 ans. Le mariage a lieu le 8 novembre 1766 au palais de Christiansborg, à Copenhague. Son frère aîné, devenu à l'époque le roi Georges III, est préoccupé par ce mariage, bien qu'il ne soit pas encore parfaitement conscient de la maladie mentale de son beau-frère.
    C'est le 28 janvier 1768 que Caroline-Mathilde donne naissance au prince héritier, qui devient plus tard Frédéric VI de Danemark.
    Caroline-Mathilde est décrite comme vive et charmante. Bien que n'étant pas une beauté, elle est considérée comme attirante : on a dit d'elle que son apparence était à même d'attirer l'attention des hommes sans attirer pour autant la critique des femmes. Cependant, sa personnalité pleine de naturel et sans affectation n'est guère populaire à la cour du Danemark, à l'étiquette stricte. Elle est proche de sa première dame de compagnie, Louise von Plessen, qui considère les amis du roi comme immoraux et cherche à isoler Caroline-Mathilde de son mari. Ce qui n'est guère difficile, car son mari ne l'aime pas ; des rumeurs courent d'ailleurs sur l'homosexualité du roi de Danemark.
    On réussit cependant à convaincre celui-ci de consommer le mariage pour assurer la succession, et, après la naissance d'un fils, il porte son intérêt vers la courtisane Støvlet-Cathrine, avec qui il visite les bordels de Copenhague. Caroline-Mathilde est malheureuse en mariage, négligée et humiliée comme elle l'est par le roi. Lorsque Louise von Plessen est exilée de la cour en 1768, elle perd sa seule confidente, la laissant encore plus isolée.
    En mai 1768, Christian VII effectue un long voyage en Europe, en effectuant des séjours à Altona (à Hambourg), à Paris et à Londres. Durant son absence, Caroline-Mathilde soulève l'attention lorsqu'elle effectue des promenades à pied dans Copenhague ; ce comportement est en effet jugé scandaleux, car les femmes de sang royal comme celles de la noblesse danoise ne se déplaçaient normalement en ville qu'en carrosse. Caroline-Mathilde passe l'été au château de Frederiksborg, avec l'enfant qui vient de lui naître, pour s'en retourner à Copenhague à l'automne.
    Le roi rentre à Copenhague le 12 janvier 1769, en ramenant avec lui Johann Friedrich Struensee en tant que médecin du roi, qui deviendra plus tard également l'un des ministres de sa cour. Il avait rencontré Struensee à Altona au début de ses voyages en Europe. Struensee parvient, semble-t-il, à gérer l'instabilité mentale du roi, ce qui est un grand soulagement pour tous les conseillers de celui-ci, et le roi lui accorde sa confiance.
    Struensee encourage le roi à améliorer ses rapports avec Caroline-Mathilde, et Christian VII lui témoigne son attention sous la forme d'une fête de 3 jours pour célébrer son anniversaire, le 22 juillet 1769. La reine est parfaitement consciente que c'est à Struensee qu'elle doit ces améliorations, et son intérêt comme son affection pour le séduisant médecin ne fait que croître ; en janvier 1770, on lui attribue sa propre chambre au palais royal, et, au printemps 1770, il devient son amant. Une vaccination couronnée de succès du tout jeune héritier de la couronne accroît encore son influence.
    La maladie du roi progressant, le pouvoir de la reine grandit à la cour. Struensee devient conseiller privé du roi le 15 septembre 1770 et dirige de fait le royaume quand le roi perd ses capacités cognitives en mars 1771. En juillet 1771, la reine donne naissance à Louise Augusta, dont la filiation est sujette à question.
    Soupçonné d'être le père de Louise Augusta, Struensee est décapité le 28 avril 1772. La reine est répudiée et bannie du royaume la même année. Après avoir passé quelque temps comme prisonnière à la forteresse de Kronborg, elle rejoint son ancienne dame d'honneur, la comtesse Von Plessen, à Celle, et vit au château, entourée d'une petite cour. Elle y meurt de la scarlatine en 1775, à l'âge de 23 ans.

    Source : Wikipédia
    Portrait fait par Carl Daniel Voigts


    (En kongelig affære)

    2012, Danemark/Suède/République Tchèque, Historique
    Réalisé par Nikolaj Arcel
    Scénario de Rasmus Heisterberg & Nikolaj Arcel d'après le roman de Bodil Steensen-Leth "Prinsesse af blodet"
    Photographie de Rasmus Videbæk
    Musique de Cyrille Aufort & Gabriel Yared
    Décors de Niels Sejer
    Direction artistique de Martin Kurel
    Costumes de Manon Rasmussen
    Montage de Kasper Leick & Mikkel E.G. Nielsen
    Montage son de Claus Lynge & Hans Christian Kock
    Casting de Leo Davis
    Scripte de Lars von Trier
    Durée 2 h 17

    Avec Alicia Vikander, Mads Mikkelsen, Mikkel Boe Følsgaard, Trine Dyrholm, David Dencik, Thomas W. Gabrielsson, Cyron Melville, Bent Mejding...

    Résumé : Danemark 1770. La passion secrète que voue la reine Caroline Mathilde au médecin du roi, l’influent Struensee, va changer à jamais le destin de la nation toute entière. Royal Affair relate une page capitale de l’histoire danoise, oubliée des manuels français. La relation amoureuse et intellectuelle entre Caroline Mathilde et Struensee, fortement influencée par les philosophes des Lumières, Rousseau et Voltaire en tête, conduira au renversement de l’ordre social établi, et annoncera les révolutions qui embraseront l’Europe 20 ans plus tard...

    Prix & Récompenses : Festival de Berlin 2012 : Meilleur acteur & meilleur scénario.


    Victoria

    Le père de Victoria était le prince Édouard Auguste de Kent et de Strathearn, le quatrième fils du roi George III du Royaume-Uni. Jusqu'en 1817, la nièce d'Édouard, la princesse Charlotte Augusta de Galles était la seule petite-fille légitime de George III. Sa mort en 1817 entraîna une crise de succession au Royaume-Uni et le duc de Kent et ses frères célibataires furent invités à se marier et à avoir des enfants. En 1818, le duc épousa la princesse Victoria de Saxe-Cobourg-Saalfeld, une princesse allemande dont le frère Léopold était le veuf de la princesse Charlotte Augusta. Ils eurent un seul enfant, Victoria, née le 24 mai 1819 au palais de Kensington à Londres. La duchesse de Kent avait déjà deux enfants issus de son premier mariage avec Émile Charles de Linange (en) (1763-1814) : Charles de Leiningen (1804-1856) et Feodora de Leiningen (1807-1872). Plus tard dans sa vie, Victoria maintint des contacts étroits avec sa demi-sœur.
    La princesse Alexandrina Victoria fut baptisée en privé par l'archevêque de Cantorbéry, Charles Manners-Sutton, le 24 juin 1819 dans la Cupola Room du palais de Kensingtonn. Elle fut baptisée Alexandrina d'après l'un de ses parrains, l'empereur Alexandre Ier de Russie et Victoria d'après sa mère. D'autres noms proposés par ses parents.
    À sa naissance, Victoria était en cinquième place dans l'ordre de succession au trône britannique derrière son père et ses trois frères aînés : le prince régent, le duc d'York et le duc de Clarence (futur Guillaume IV). Le prince régent et le duc d'York étaient séparés de leurs épouses et étaient d'un âge avancé donc il était improbable qu'ils eussent d'autres enfants. Les ducs de Kent et de Clarence se marièrent le même jour un an avant la naissance de Victoria mais les deux filles du duc de Clarence (nées respectivement en 1819 et 1820) moururent en bas-âge. Le grand-père et le père de Victoria décédèrent en 1820 à moins d'une semaine d'écart et le duc d'York mourut en 1827. À la mort de son oncle George IV en 1830, Victoria devint l'héritière présomptive de son dernier oncle encore en vie, Guillaume IV. Le Regency Act de 1830 chargea la duchesse de Kent d'assurer la régence dans l'éventualité où Guillaume IV mourrait avant que Victoria n'eût 18 ans. Le roi n'avait pas confiance en la capacité de la duchesse à jouer le rôle de régente et en 1836, il déclara en sa présence qu'il voulait vivre jusqu'au 18e anniversaire de Victoria pour éviter une régence.
    En 1830, la duchesse de Kent et Conroy emmenèrent Victoria dans le centre de l'Angleterre pour visiter les collines de Malvern. Ils s'arrêtèrent dans de nombreuses résidences aristocratiques sur le trajet. D'autres voyages similaires furent organisés en Angleterre et au Pays de Galles en 1832, 1833, 1834 et 1835. Au grand agacement du roi Guillaume IV, Victoria fut accueillie avec enthousiasme à chacune de ses étapes. Guillaume IV compara les voyages à des Joyeuses Entrées et s'inquiéta de voir Victoria présentée comme une rivale plutôt que comme son héritière présomptive. Victoria appréciait peu ces déplacements ; les constantes apparitions publiques la fatiguaient et elle avait trop peu de temps pour se reposer. Malgré ses plaintes, appuyées par la désapprobation du roi, sa mère refusa d'interrompre ces déplacements. À Ramsgate en octobre 1835, Victoria développa une forte fièvre, ce que Conroy ignora d'abord en considérant qu'il ne s'agissait que d'un caprice enfantin. Pendant la maladie de Victoria, Conroy et la duchesse tentèrent sans succès de la convaincre de prendre Conroy comme secrétaire particulier. À l'adolescence, Victoria résista encore aux tentatives répétées de sa mère et de Conroy pour que ce dernier soit officiellement nommé dans son entourage. Devenue reine, elle le bannit de la cour, mais il demeura dans la résidence de sa mère.
    En 1836, le frère de la duchesse, Léopold, devenu roi des Belges en 1831, espérait marier sa nièce avec son neveu, Albert de Saxe-Cobourg-Gotha. Comme Léopold, la mère de Victoria et le père d'Albert étaient frères et sœur, Victoria et Albert étaient cousins germains. En mai 1836, Léopold organisa une réunion de ses proches appartenant à la famille Saxe-Cobourg et Gotha avec la mère de Victoria dans l'objectif de présenter Victoria à Albert. Guillaume IV était cependant peu favorable à une union avec les Saxe-Cobourg et Gotha et préférait le parti d'Alexandre des Pays-Bas, le second fils du prince d'Orange. Victoria était consciente des nombreux projets matrimoniaux la concernant, et elle évaluait de manière critique les différents candidats. Selon son journal, elle apprécia la compagnie d'Albert dès leur première rencontre. Après sa visite, elle écrivit "Albert est extrêmement beau ; ses cheveux sont de même couleur que les miens ; ses yeux sont grands et bleus et il a un beau nez et une bouche très douce avec de belles dents ; mais le charme de sa contenance est son atout le plus délicieux". À l'inverse, Alexandre était jugé "très quelconque".
    Victoria fêta ses 18 ans le 24 mai 1837 et une régence fut évitée. Le 20 juin 1837, Guillaume IV mourut à l'âge de 71 ans et Victoria devint reine du Royaume-Uni. Dans son journal, elle écrivit, "j'ai été réveillée à 6 h pile par Mamma qui me dit que l'archevêque de Cantorbéry et Lord Conyngham étaient là et qu'ils voulaient me voir. Je suis sortie du lit et me suis rendue dans mon salon et seule, je les ai vus. Lord Conyngham m'informa alors que mon pauvre oncle, le roi, n'était plus et avait expiré à 2 h 12 ce matin et que par conséquent Je suis Reine". Les documents officiels préparés le premier jour de son règne la nommaient Alexandrina Victoria mais le premier prénom fut retiré à sa demande et ne fut plus utilisé.
    Depuis 1714, le Royaume-Uni était en union personnelle avec le royaume de Hanovre en Allemagne mais d'après la loi salique, les femmes étaient exclues de la succession au trône hanovrien. Alors que Victoria hérita de toutes les colonies britanniques, le pouvoir au Hanovre passa au jeune frère de son père, l'impopulaire duc de Cumberland et Teviotdale qui devint roi sous le nom d'Ernest-Auguste Ier de Hanovre. Il était l'héritier apparent de Victoria jusqu'à ce qu'elle ait un enfant.
    Au moment de son accession au trône, le gouvernement était mené par le premier ministre whig Lord Melbourne et ce dernier exerça une influence importante sur la reine politiquement inexpérimentée. L'écrivain Charles Greville suggère que Lord Melbourne, veuf et sans enfants, "était aussi attaché à elle que si elle avait été sa fille" et Victoria le considérait probablement comme une figure paternelle. Son couronnement fut organisé le 28 juin 1838 et elle devint le premier souverain à résider au palais de Buckingham. Elle hérita des revenus des duchés de Lancastre et de Cornouailles et reçut une liste civile annuelle de 385 000 £. Financièrement prudente, elle remboursa les dettes de son père.
    Victoria était populaire au début de son règne, mais sa réputation fut ternie par une intrigue de cour en 1839 lorsque l'une des dames d'honneur, Flora Hastings, développa une rondeur abdominale dont la rumeur disait qu'il s'agissait d'une grossesse hors mariage liée à une relation avec John Conroy ; Victoria considérait que les rumeurs étaient véridiques. Elle détestait Conroy et méprisait "cette odieuse Lady Flora" car elle avait participé avec Conroy et la duchesse de Kent au "système de Kensington". Hastings refusa initialement de se faire examiner avant d'accepter au milieu du mois de février et il se révéla qu'elle était vierge. Conroy, la famille de Hastings et les tories appartenant à l'opposition organisèrent une conférence de presse accusant la reine de propager de fausses rumeurs au sujet de Flora Hastings. Lorsqu'elle mourut en juillet, l'autopsie révéla une importante tumeur hépatique qui avait distendu son abdomen. Lors des apparitions publiques, Victoria fut sifflée et conspuée comme étant "Mme Melbourne".
    En 1839, Lord Melbourne démissionna après que les radicaux et les tories eurent voté contre une loi suspendant la constitution en Jamaïque. La législation supprimait les pouvoirs politiques des planteurs qui s'opposaient aux mesures associées à l'abolition de l'esclavage. La reine chargea un tory, Robert Peel de former un nouveau gouvernement. À l'époque, il était de coutume pour le premier ministre de nommer les "dames de la chambre à coucher" qui servaient de domestiques dans les résidences royales et étaient généralement des épouses de membres du parti au pouvoir. De nombreuses dames étaient des épouses de whigs et Peel souhaitait les remplacer par des épouses de tories. Dans ce qui fut appelé la "crise de la chambre à coucher", Victoria, conseillée par Lord Melbourne, s'opposa à leur renvoi. Peel refusa de gouverner selon les conditions imposées par la reine et offrit sa démission, ce qui permit à Lord Melbourne de revenir au pouvoir.
    Même si elle était devenue reine, Victoria restait une jeune femme célibataire et les conventions sociales lui imposaient de vivre avec sa mère malgré leurs différends sur son éducation et la confiance que sa mère continuait d'accorder à Conroy. Sa mère était consignée dans un appartement isolé du palais de Buckingham et Victoria refusait souvent de la rencontrer. Lorsque Victoria se plaignit à Lord Melbourne que la proximité de sa mère promettait des "souffrances pendant de nombreuses années", ce dernier compatit mais répondit que cela ne pouvait être évité que par un mariage, ce que Victoria qualifia "d'alternative choquante". Elle montra de l'intérêt pour l'éducation d'Albert en vue de son futur rôle d'époux mais elle résista aux pressions qui la poussaient à se marier. Victoria continua de faire l'éloge d'Albert après sa seconde visite en octobre 1839. Albert et Victoria ressentaient de l'attrait l'un pour l'autre et la reine le demanda en mariage le 15 octobre 1839, juste 5 jours après qu'il fut arrivé à Windsor. Ils se marièrent le 10 février 1840 dans la Chapel Royal du palais St. James à Londres.
    Albert devint un influent conseiller politique de la reine en plus de son compagnon et remplaça Lord Melbourne comme la figure dominante de la première moitié de sa vie. La mère de Victoria fut expulsée du palais vers Ingestre House à Belgrave Square. Après la mort de la princesse Augusta en 1840, la mère de Victoria reçut les résidences de Clarence et de Frogmore. Grâce à la médiation d'Albert, les relations entre mère et fille s'améliorèrent progressivement.
    Durant la première grossesse de Victoria en 1840, Edward Oxford âgé de 18 ans tenta d'assassiner la reine alors qu'elle se trouvait dans une calèche avec le prince Albert lors d'un déplacement pour rendre visite à sa mère. Oxford tira deux fois mais les deux balles manquèrent leur cible ou, comme il l'avança par la suite, les pistolets n'avaient pas fonctionné. Il fut jugé pour haute trahison et reconnu coupable mais fut acquitté pour raisons mentales ; il fut cependant interné pendant une trentaine d'années. La popularité de Victoria augmenta fortement après l'agression et cela apaisa le mécontentement résiduel au sujet de l'affaire Hastings et de la crise de la chambre à coucher. Sa fille, également appelée Victoria, naquit le 21 novembre 1840. La reine détestait être enceinte, considérait l'allaitement avec dégoût et pensait que les nouveau-nés étaient laids. Albert et elle eurent néanmoins 8 autres enfants.
    Le foyer de Victoria était largement géré par son ancienne gouvernante, la baronne Louise Lehzen originaire du Hanovre. Lehzen avait eu une profonde influence sur Victoria et l'avait défendue contre le "système de Kensington". Albert considérait cependant que Lezhen était incompétente et que sa mauvaise gestion menaçait la santé de sa fille. Après une violente dispute entre Victoria et Albert à ce sujet, Lezhen fut limogée, ce qui mit un terme à sa relation étroite avec Victoria.
    Au niveau international, Victoria s'intéressa particulièrement à l'amélioration des relations entre la France et le Royaume-Uni. Elle réalisa et accueillit plusieurs rencontres entre la famille royale britannique et la Maison d'Orléans qui étaient liées par mariage via les Cobourgs. En 1843 et 1845, Albert et elle rejoignirent le roi Louis-Philippe Ier au château d'Eu en Normandie ; elle fut ainsi le premier souverain britannique ou anglais à rencontrer son homologue français depuis Henri VIII d'Angleterre et François Ier de France au camp du Drap d'Or en 1520. Lorsque Louis-Philippe Ier réalisa le voyage inverse en 1844, il devint le premier roi français à se rendre en Grande-Bretagne. Louis-Philippe Ier fut déposé lors de la Révolution française de 1848 et partit en exil en Angleterre. Alors que les soulèvements se propageaient à toute l'Europe, Victoria et sa famille quittèrent Londres en avril 1848 pour la plus grande sécurité d'Osborne House, une résidence privée sur l'île de Wight qu'elle avait achetée en 1845. Les manifestations des chartistes et des nationalistes irlandais ne se transformèrent pas en soulèvements et la crainte d'une révolution s'éloigna. La visite de Victoria en Irlande en 1849 fut un succès en termes de relations publiques mais elle n'eut pas d'impact sur la croissance du nationalisme irlandais.
    Le gouvernement de Lord Russel, bien que dominé par les whigs, n'était pas apprécié par la reine. Elle détestait particulièrement le secrétaire d'État des Affaires étrangères, Lord Palmerston, qui agissait souvent sans consulter le Cabinet, le premier ministre ou la reine. Victoria se plaignit à Russell que Palmerston envoyât des dépêches officielles à des chefs d'États étrangers sans l'informer mais Palmerston resta en poste et continua d'agir de sa propre initiative malgré les remontrances répétées. Ce ne fut qu'en 1851 que Palmerston fut limogé après avoir annoncé que le gouvernement britannique approuvait le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte en France sans avoir consulté le premier ministre. L'année suivante, le président Bonaparte devint l'empereur Napoléon III et le gouvernement de Russel fut remplacé par un gouvernement minoritaire mené par Lord Derby.
    En 1853, Victoria donna naissance à son huitième enfant, Leopold, avec l'aide d'un nouvel anesthésiant, le chloroforme. Victoria fut tellement impressionnée par son efficacité qu'elle l'utilisa à nouveau en 1857 pour la naissance de son neuvième et dernier enfant.
    Au début de l'année 1855, le gouvernement de Lord Aberdeen, qui avait remplacé Derbey en décembre 1852, démissionna du fait des critiques concernant la mauvaise gestion de la guerre de Crimée. Victoria approcha Derby et Russel pour qu'ils forment un gouvernement mais aucun n'avait suffisamment de soutiens et elle fut obligée de nommer Palmerston au poste de premier ministre.
    Napoléon III, l'allié le plus proche du Royaume-Uni depuis la guerre de Crimée, se rendit à Londres en avril 1855 et Victoria et Albert firent le trajet inverse du 17 au 28 août de la même année. L'empereur français accueillit le couple à Dunkerque et les accompagna à Paris où ils visitèrent l'exposition universelle, une réponse à l'exposition londonienne de 1851 imaginée par Albert, et la tombe de Napoléon Ier aux Invalides, dont les cendres avaient été rapatriées en 1840. Ils furent également les invités d'honneur à un bal de 1 200 invités au château de Versailles.
    Le 14 janvier 1858, un Italien réfugié en Grande-Bretagne appelé Felice Orsini tenta d'assassiner Napoléon III avec une bombe fabriquée au Royaume-Uni. La crise diplomatique qui suivit déstabilisa le gouvernement : Palmerston démissionna et Derby redevint premier ministre. Victoria et Albert assistèrent à l'inauguration d'une nouvelle cale sèche dans le port militaire français de Cherbourg le 5 août 1858. À son retour, Victoria réprimanda Derby pour le mauvais état de la Royal Navy par rapport à la marine française. Le gouvernement de Derby ne survécut pas longtemps et Victoria rappela Palmerston en juin 1859.
    Le 25 janvier 1858, La fille aînée de Victoria épousa le prince Frédéric Guillaume de Prusse à Londres. Ils étaient fiancés depuis septembre 1855 alors que la princesse Victoria n'avait que 14 ans et le mariage fut repoussé par la reine et le prince Albert jusqu'à ce que la mariée eût 17 ans. Victoria et Albert espéraient que leur fille et leur beau-fils auraient une influence libérale sur la Prusse en pleine ascension. Victoria vit partir sa fille pour l'Allemagne "la mort dans l'âme". Presque un an plus tard, la princesse Victoria donna naissance au premier petit-enfant de la reine, Guillaume.
    En mars 1861, la mère de Victoria mourut avec sa fille à ses côtés. En lisant les documents de sa mère, Victoria découvrit que sa mère l'aimait profondément ; elle eut le cœur brisé et blâma Conroy et Lehzen pour l'avoir "diaboliquement" éloignée de sa mère. Pour soulager son épouse pendant cette période de deuil, Albert assuma une grande partie de ses fonctions bien qu'il souffrît de problèmes digestifs chroniques. En août, Victoria et Albert rendirent visite à leur fils, le Prince de Galles, qui assistait à des manœuvres militaires près de Dublin et passèrent quelques jours à Killarney. Au début du mois de décembre, Albert tomba gravement malade. William Jenner diagnostiqua une fièvre typhoïde et il mourut le 14 décembre 1861 ; Victoria fut anéantie. Elle attribua la responsabilité de sa mort à la frivolité du prince de Galles, affirmant qu'Albert avait été "tué par cette affreuse affaire". Elle resta en deuil et porta des vêtements noirs jusqu'à la fin de sa vie. Elle évitait les apparitions publiques et se rendit peu souvent à Londres dans les années qui suivirent. Son retrait dans le château de Windsor lui valut le surnom de "veuve de Windsor". Cet isolement volontaire diminua la popularité de la monarchie et encouragea le mouvement républicain. Elle continua d'assumer ses fonctions gouvernementales mais choisit de rester confinée dans ses résidences royales de Windsor, de Balmoral et d'Osborne. En mars 1864, un manifestant placarda une affiche sur les grilles du palais de Buckingham annonçant que "ces imposants bâtiments étaient à vendre en raison du déclin des affaires de l'ancien propriétaire". Son oncle Léopold lui écrivit pour lui conseiller d'apparaître en public. Elle accepta de visiter les jardins de la Royal Horticultural Society à Kensington et de traverser Londres dans une calèche ouverte.
    Durant les années 1860, Victoria se reposa de plus en plus sur un domestique écossais, John Brown. Des rumeurs calomnieuses d'une relation romantique et même d'un mariage secret commencèrent à être imprimées dans la presse et la reine fut même affublée du sobriquet de "Mme Brown". Une peinture d'Edwin Landseer représentant la reine avec Brown fut exposée à la Royal Academy et Victoria elle-même publia avec grand succès un livre, Leaves from the Journal of Our Life in the Highlands, où elle faisait un vibrant éloge de son homme de confiance.
    Lord Palmerston mourut en 1865 et après un bref gouvernement mené par Russel, Derby revint au pouvoir. En 1866, Victoria assista à la cérémonie d'ouverture du Parlement pour la première fois depuis la mort d'Albert. L'année suivante, elle soutint le passage du Reform Act de 1867 qui doubla le nombre d'hommes ayant accès au suffrage même si elle n'était pas favorable au droit de vote des femmes. Derby démissionna en 1868 et fut remplacé par Benjamin Disraeli qui charma Victoria.
    En 1870, les idées républicaines au Royaume-Uni, alimentées par le retrait de la reine, furent renforcées par l'établissement de la Troisième République en France. Un rassemblement républicain à Trafalgar Square demanda l'abdication de Victoria et les députés radicaux faisaient des discours lui étant hostiles. En août et septembre 1871, elle tomba gravement malade et développa un abcès au bras ; Joseph Lister l'incisa avec succès et désinfecta la plaie avec une pulvérisation de phénol. À la fin du mois de novembre 1871, au maximum du mouvement républicain, le prince de Galles contracta la fièvre typhoïde, la maladie qui aurait tué son père, et Victoria craignait que son fils mourût aussi. Alors que le dixième anniversaire de la mort d'Albert approchait, la santé de son fils ne s'améliorait pas et l'angoisse de Victoria augmentait. Au grand soulagement du peuple, Edward se remit de la maladie. La mère et le fils assistèrent à une célébration publique à Londres et à une grande messe d'action de grâce à la cathédrale Saint-Paul le 27 février 1872 ; le mouvement républicain fut affaibli et la popularité de la monarchie remonta.
    Le 28 février 1872, Arthur O'Connor âgé de 17 ans (petit-neveu du député irlandais Feargus O'Connor) agita un pistolet non-chargé devant le cortège de Victoria à sa sortie du palais de Buckingham. Brown, qui accompagnait la reine, neutralisa O'Connor qui fut par la suite condamné à 12 mois de prison. La popularité de Victoria fut encore renforcée par l'incident.
    Après la révolte des cipayes de 1857 en Inde, la compagnie anglaise des Indes orientales, qui gouvernait une grande partie de l'Inde, fut dissoute et les possessions et les protectorats britanniques du sous-continent indien furent formellement incorporés dans l'Empire britannique. La reine avait une opinion assez partagée sur le soulèvement et elle condamna les atrocités perpétrées par les deux camps.
    Après l'élection générale de 1874, Disraeli redevint premier ministre. Il présenta le Public Worship Regulation Act de 1874 qui supprimait les rituels catholiques de la liturgie anglicane et que Victoria soutenait fermement. Elle préférait les services religieux simples et courts et se considérait personnellement plus proche de l'Église d'Écosse presbytérienne plutôt que de l'Église d'Angleterre épiscopale. Il poussa également le Royal Titles Act de 1876 devant le Parlement pour que Victoria prît le titre d'"impératrice des Indes" à partir du 1er mai 1876. Ce nouveau titre fut proclamé par le darbâr de Delhi le 1er janvier 1877.
    Le 14 décembre 1878, l'anniversaire de la mort d'Albert, la seconde fille de Victoria, Alice, qui avait épousé Louis IV de Hesse, mourut de la diphtérie à Darmstadt. Victoria nota que la coïncidence des dates était "presque incroyable et des plus mystérieuses". En mai 1879, elle devint arrière-grand-mère à l'occasion de la naissance de la princesse Théodora de Saxe-Meiningen et fêta son "pauvre et triste 60e anniversaire". Elle se sentit "vieillie" par la "perte de son enfant chéri".
    Entre avril 1877 et février 1878, Victoria menaça à 5 reprises d'abdiquer pour faire pression sur Disraeli pour qu'il agît contre la Russie lors de la guerre russo-turque mais ses menaces n'eurent pas d'effets sur les événements ou sur leur conclusion avec le traité de Berlin. La politique étrangère expansionniste de Disraeli, soutenue par Victoria, entraîna des conflits comme la guerre anglo-zouloue et la seconde guerre anglo-afghane. Victoria voyait l'expansion de l'Empire britannique comme une manière civilisatrice et bénigne de protéger les peuples indigènes contre des puissances plus agressives, ou des dirigeants cruels Au désarroi de Victoria, Disraeli perdit les élections générales de 1880 et Gladstone redevint premier ministre. Lorsque Disreali mourut l'année suivante, elle était aveuglée par "les larmes coulant rapidement".
    Le 2 mars 1882, Roderick McLean, un poète apparemment offensé par le refus de Victoria d'accepter l'un de ses poèmes, tira sur la calèche de la reine alors qu'elle quittait la gare de Windsor. Deux élèves de l'Eton College le frappèrent avec leurs parapluies jusqu'à ce qu'il fût neutralisé par un policier. Victoria fut outrée lorsqu'il échappa à la condamnation pour raisons mentales ; elle fut cependant ravie par les nombreuses expressions de loyauté qu'elle reçut après l'agression et déclara que "cela valait la peine de se faire tirer dessus pour voir à quel point l'on est aimée".
    Le 17 mars 1883 elle tomba dans les escaliers à Windsor et elle boita jusqu'au mois de juillet ; elle ne récupéra jamais complètement et commença à souffrir de rhumatismes. Brown mourut 10 jours après l'accident et à la consternation de son secrétaire privé, Henry Ponsonby, Victoria commença à rédiger une biographie eulogique de son ancien domestique. Ponsonby et Randall Davidson, le doyen de Windsor, qui avaient lu les brouillons, conseillèrent à Victoria de ne pas les publier car cela alimenterait les rumeurs d'une relation amoureuse ; le manuscrit fut détruit. Au début de l'année 1884, Victoria publia More Leaves from a Journal of a Life in the Highlands, une suite de son précédent livre dédiée à son "assistant personnel dévoué et ami fidèle John Brown". Un an exactement après la mort de Brown, Victoria fut informée par télégramme que son plus jeune fils, Léopold, était mort à Cannes. Elle se lamenta sur la perte du "plus cher de mes chers fils". Le mois suivant, son plus jeune enfant, Beatrice, rencontra le prince Henri de Battenberg dont elle tomba amoureuse lors du mariage de la petite-fille de Victoria, la princesse Victoria de Hesse-Darmstadt, avec le frère d'Henri, le prince Louis Alexandre de Battenberg. Beatrice et Henri planifièrent un mariage mais Victoria commença par s'opposer à l'union car elle souhaitait que sa petite-fille restât avec elle en tant que suivante. Elle fut finalement convaincue par la promesse du futur couple de rester avec elle.
    Victoria fut ravie quand Gladstone démissionna en 1885 après le rejet de son budget. Elle considérait que son gouvernement était le "pire que j'aie jamais eu" et lui fit porter la responsabilité de la mort du général Gordon à Khartoum. Gladstone fut remplacé par Lord Salisbury. Son gouvernement ne se maintint cependant que pendant quelques mois et Victoria fut obligée de rappeler Gladstone qu'elle qualifiait "d'à moitié fou et un vieil homme en de nombreux points ridicule". Gladstone tenta de faire voter une loi garantissant une plus grande autonomie à l'Irlande mais à la jubilation de Victoria, elle fut rejetée. Après l'élection générale de 1886, les libéraux de Gladstone furent battus par les conservateurs de Salisbury qui formèrent à nouveau un gouvernement.
    En 1887, l'Empire britannique célébra le jubilé d'or de Victoria. La reine fêta le cinquantième anniversaire de son accession au trône le 20 juin avec un banquet auquel participèrent 50 nobles européens. Le lendemain, elle participa à une procession et à un service religieux à l'abbaye de Westminster. Victoria était alors redevenue extrêmement populaire. Deux jours plus tard, le 23 juin, elle recruta deux Indiens musulmans comme domestiques. L'un d'eux, Mohammed Abdul Karim devint Munshi ("secrétaire") et enseigna l'hindoustani à la reine. Sa famille et les autres domestiques furent choqués et accusèrent Abdul Karim d'espionner pour la Muslim Patriotic League et de monter la reine contre les hindous. L'écuyer Frederick Ponsonby (le fils d'Henry) découvrit qu'Abdul Karim avait menti au sujet de ses origines et rapporta au vice-roi des Indes, Lord Elgin, que "le Munshi occupe exactement la même position que celle qu'avait John Brown". Victoria ignora ces plaintes qu'elle qualifia de racistes. Abdul Karim resta à son service jusqu'à la mort de la souveraine en 1901 et il rentra alors en Inde avec une pension.
    La fille aînée de Victoria devint impératrice d'Allemagne en 1888 mais elle devint veuve avant la fin de l'année et le petit-fils de Victoria monta sur le trône sous le nom de Guillaume II. Sous son règne, les espoirs de libéralisation de l'Allemagne ne furent pas comblés et Guillaume II mit en place un régime autocratique.
    Gladstone redevint premier ministre à l'âge de 82 ans après l'élection générale de 1892. Victoria s'opposa à la nomination du député radical Henry Labouchère au Cabinet et Gladstone accepta. En 1894, le premier ministre prit sa retraite et, sans le consulter, Victoria nomma Lord Rosebery. Son gouvernement était faible et il fut remplacé l'année suivante par Lord Salisbury qui resta premier ministre jusqu'à la fin du règne de Victoria.
    Le 23 septembre 1896, Victoria devint le monarque de l'histoire anglaise, écossaise, ou britannique ayant régné le plus longtemps, dépassant le record détenu jusqu'alors par son grand-père, George III. Conformément à la demande de la reine, toutes les célébrations publiques spéciales de l'événement furent retardées jusqu'en 1897 pour coïncider avec son jubilé de diamant marquant ses 60 années de règne. Le secrétaire d'État aux colonies, Joseph Chamberlain, proposa que le jubilé devînt un festival de l'Empire britannique. Les Premiers ministres de tous les dominions autonomes furent invités et des troupes de tout l'Empire britannique participèrent à la procession du jubilé dans Londres. Les célébrations du soixantième anniversaire furent marquées par de grands débordements d'affection envers la reine bientôt octogénaire.
    Victoria se rendait régulièrement en Europe continentale pendant ses vacances. En 1889, durant un séjour à Biarritz, elle devint le premier monarque britannique à poser le pied en Espagne lorsqu'elle traversa la frontière pour une courte visite. En avril 1900, la guerre des Boers était devenue tellement impopulaire en Europe que son voyage annuel en France fut jugé inopportun. Elle se rendit donc en Irlande pour la première fois depuis 1861, en partie pour reconnaître la contribution des régiments irlandais dans le conflit en Afrique du Sud. En juillet, son second fils, Alfred mourut.
    Suivant une coutume qu'elle maintint tout au long de son veuvage, Victoria passa le réveillon de Noël 1900 à Osborne House sur l'île de Wight. Elle boitait du fait de ses rhumatismes et sa vision était obscurcie par la cataracte. Durant le mois de janvier, elle se sentit "faible et souffrante" et au milieu du mois, elle était "somnolente, hébétée et perdue". Elle mourut le 22 janvier 1901 vers 18 h 30 à l'âge de 81 ans. Son fils et successeur, Édouard VII, et son petit-fils le plus âgé, Guillaume II, se trouvaient à son chevet. Sa dernière volonté fut que son Poméranien préféré, Turri, fût posé sur son lit de mort.
    Source : Wikipédia

    LA DAME DE WINDSOR
    (Mrs Brown)

    1997, USA/Grande-Bretagne/Irlande, Biopic
    Réalisé par John Madden
    Scénario de Jeremy Brock
    Photographie de Richard Greatrex
    Musique de Stephen Warbeck
    Décors de Martin Childs
    Direction artistique de Charlotte Watts
    Costumes de Deirdre Clancy
    Montage de Robin Sales
    Son d'Alistair Crocker
    Montage son de John Downer
    Casting de Michelle Guish
    Scripte de Kim Armitage
    Durée 1 h 45

    Avec Judi Dench, Billy Connolly, Geoffrey Palmer, Antony Sher, Gerard Butler, Richard Pasco, David Westhead, Bridget McConnell...

    Résumé : Inconsolable depuis la mort du roi Albert, la reine Victoria se tient à l'écart de la vie publique et évite tout contact avec ses proches. Très attaché à la couronne et inquiet des conséquences que cette attitude pourrait avoir, le premier ministre Disraeli dépêche auprès de cette dernière, en vacances à l'île de Wight, John Brown, un garde-chasse écossais pour lequel Albert avait beaucoup d'estime. Dès son arrivée, John bouscule le protocole...

    Prix & Récompenses :

    Golden Globes 1998 : Meilleure actrice dans un drame.
    Bafta 1998 : Meilleure actrice & meilleurs costumes.


    Georges VI

    À son avènement, le 11 décembre 1936, suite à l'abdication de son frère aîné Édouard VIII, le duc d'York relève le nom de son père et entre dans l'Histoire sous le nom de George VI.
    Couronné à Westminster le 12 mai 1937, à 40 ans, il va surmonter sa timidité et son bégaiement et se montrer, ainsi que son épouse, à la hauteur de ses responsabilités dans les épreuves de la Seconde Guerre mondiale.
    À sa naissance, à Sandringham (Norfolk), résidence favorite de son grand-père, le Prince de Galles, le futur roi George VI est baptisé Albert. Deuxième des 5 garçons de George V, il reçoit le titre de duc d'York mais ses familiers l'appellent "Bertie".
    Enfant, il souffre de la préférence de sa nurse pour son frère aîné, le futur Édouard VIII. Régulièrement privé de repas, il en gardera toute sa vie des troubles gastriques. Plus gravement, son père l'astreint à se servir de la main droite. Gaucher contrarié, d'un naturel timide, il en vient très tôt à bégayer.
    Il s'épanouit toutefois comme son père dans la marine et participe pendant la Grande Guerre à la bataille du Jutland. Il connaît une union heureuse avec Elizabeth Bowes-Lyon, qu'il épouse en 1923. Leur mariage est sanctifié par la naissance de deux filles, la future Elizabeth II, née le 21 avril 1926, et la princesse Margaret, née le 21 août 1930.
    Attaché à une vie paisible auprès de sa femme et de ses filles, le duc d'York éprouve de violentes contrariétés quand ses obligations l'entraînent à parler en public. Son bégaiement s'avère une torture pour lui-même comme pour le public.
    Le destin du duc bascule à cause d'une Américaine déjà deux fois mariée et divorcée, Mrs Wallis Simpson, qui s'est immiscée dans la vie de son frère aîné, célibataire endurci, séducteur et décontracté, réticent aux conventions de la vie de cour.
    En 1935, le prince de Galles Édouard projette d'épouser sa maîtresse mais il n'ose faire part de son intention à son père, gravement malade. Quand George V meurt le 20 janvier 1936, un lourd malentendu pèse donc sur sa succession. Le Premier ministre Stanley Baldwin fait comprendre à Édouard VIII que le souverain, chef de l'Église anglicane, ne peut décemment se marier avec une femme deux fois divorcée.
    Le soir du 11 décembre 1936, quand Édouard VIII, après avoir signé son acte d'abdication, s'incline devant son frère cadet, celui-ci est totalement pris de court. "Ce n'est pas possible, ce n'est pas vrai !", lance-t-il.
    Il va heureusement se ressaisir et, au contraire de son frère, va témoigner dans le restant de sa vie d'un remarquable sens de l'abnégation et du devoir. À son avènement, le nouveau roi adopte sagement comme nom de règne celui de son père, à la consonance plus britannique, et devient pour l'Histoire George VI.

    Source : Wikipédia


    (Hyde Park on Hudson)

    2012, Grande-Bretagne, Biopic
    Réalisé par Roger Michell
    Scénario de Richard Nelson
    Photographie de Lol Crawley
    Musique de Jeremy Sams
    Décors de Simon Bowles & Celia Bobak
    Direction artistique d'Hannah Moseley & Mark Raggett
    Costumes de Dinah Collin
    Montage de Nicolas Gaster
    Casting d'Ellen Lewis & Gail Stevens
    Scripte de Sue Hills
    Durée 1 h 34

    Avec Bill Murray, Laura Linney, Samuel West, Olivia Colman, Elizabeth Marvel, Olivia Williams, Elizabeth Wilson, Martin McDougall...

    Résumé : Juin 1939, le Président Franklin D. Roosevelt attend la visite du roi George VI et de son épouse Elizabeth, invités à passer le week-end dans sa propriété à la campagne. C’est la première visite d’un monarque britannique aux Etats-Unis. La Grande-Bretagne se prépare à entrer en guerre contre l’Allemagne et espère obtenir l’aide américaine. Les bizarreries et l’étrange mode de vie du président étonnent les souverains. En ce week-end royal, pris entre les feux de sa femme, sa mère et sa secrétaire, les affaires internationales ne sont pas vraiment la priorité de Roosevelt davantage intéressé par sa relation avec sa cousine Daisy...